Côte de Nacre Magazine. Edition 2019/2020 - page 39

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UN EVENEMENT
CULTUREL MAJEUR
Chaque année, le Mémorial de Caen produit et
présente deux à trois expositions temporaires
dont les thèmes ont pour objectif, en complé-
ment des parcours permanents sur la Seconde
Guerre Mondiale et la Guerre froide, d’apporter
une expertise culturelle, scientifique ou pé-
dagogique. Rockwell, Roosevelt et les Quatre
Libertés est la première exposition de cette
ampleur depuis que le Mémorial a ouvert il y
a trente ans, un événement à la fois historique
et culturel en cette année anniversaire. Pour
ce faire, le Mémorial s’est associé au Musée
Rockwell à Stockbridge pour présenter cette
exposition exceptionnelle pendant cinq mois.
Après la Historical Society de New-York, le
Henry Ford Museum de Dearborn et le George
Washington University Museum de Washing-
ton, l’exposition est à Caen puis sera ensuite
présentée à Houston. C’est dire l’importance de
l’événement.
ROCKWELL,TEMOIN
DE SON EPOQUE
Norman Rockwell est le célèbre illustrateur
du Saturday Evening Post pour lequel il col-
labore pendant 47 années. C’est à ce titre qu’il
observe la société américaine avec beaucoup
de bienveillance et de tendresse qui lui seront
parfois reprochées. Cette exposition est sur-
tout le récit d’une histoire moderne de l’Amé-
rique dans les années 30 et se poursuit par la
période couvrant les années de guerre . Le
premier espace de l’exposition est consacré à
l’engagement de Norman Rockwell en faveur
de l’effort de guerre des Etats-Unis. On y re-
trouve différentes œuvres parmi lesquelles le
très populaire « Willie Gillis » simple GI illus-
trant les couvertures du Saturday Evening Post
mais aussi et surtout « Les Quatre Libertés »
inspirées du discours du Président Roosevelt
au Congrès de l’Etat de l’Union le 6 janvier 1941.
Il y parle des quatre libertés essentielles : « la
première est la liberté de parole et d’expression
partout dans le monde. La deuxième est la li-
berté pour chacun de prier comme il l’entend
partout dans le monde. La troisième est d’être à
l’abri du besoin ce qui, sur le plan mondial, sup-
pose des accords économiques garantissant à
chaque nation santé et paix pour ses habitants
partout dans le monde. La quatrième est d’être
à l’abri de la peur, ce qui sur le plan mondial, si-
gnifie une réduction drastique des armements
à l’échelle planétaire, à tel point qu’aucune na-
tion ne se retrouve en mesure de commettre
un acte d’agression physique contre un pays
voisin, n’importe ou dans le monde ». Et Roo-
sevelt d’ajouter : « Ceci n’est pas la vision d’un
lointain millénaire . Il s’agit précisément des
bases d’un monde que nous, notre génération,
à notre époque, pouvons atteindre. Ce monde
est l’antithèse même du prétendu nouvel ordre
tyrannique que les dictateurs cherchent à ins-
taurer dans le fracas des bombes ». On mesure
à quel point ce discours est malheureusement
toujours d’actualité. Quatre tableaux exception-
nels sont inspirés de ce discours et traduisent
les quatre Libertés de Rockwell.
DES SUJETS D’ACTUALITE
La visite se poursuit par une série de tableaux
peints à la fin de la guerre ayant pour thème
le retour du soldat dans sa famille. Toutes ces
toiles s’efforçant de démontrer que le Pays for-
mait une communauté soudée autour de ses
soldats et d’un idéal démocratique. Dans les
années 60, en pleine crise morale de l’Amérique
il collabore pour Look et traite de sujets d’actua-
lité. : racisme, guerre du Vietnam, lutte contre
la pauvreté. C’est alors que sa peinture devient
plus grave et surtout plus engagée. L’un des
plus importants tableaux de l’exposition « The
problemwe all live with » est publié en 1964 par
Look et dénonce avec violence la ségrégation
raciale aux Etats-Unis. Il s’inspire de l’affaire
Rudy Bridges , présente à l’inauguration de l’ex-
position, qui fut la première enfant afro-améri-
caine à intégrer une école réservée aux blancs à
la Nouvelle Orléans. Ce tableau exceptionnel et
la robe de la fillette sont présentés au Mémorial
de même que les lettres d’insultes adressées à
cette époque à l’artiste.
L’exposition permet, à travers 50 œuvres, de
comprendre une histoire des Etats-Unis. C’est
à Stockbridge, cette petite ville du Massachu-
setts, éloignée de l’agitation New-Yorkaise qu’il
travaillait et vivait. Norman Rockwell est dé-
cédé le 8 novembre 1978 dans son village ou il
repose auprès des siens.
A ne surtout pas manquer d’autant plus que le
Mémorial a du, pour accueillir cette exposition
dans de parfaites conditions de conservation et
de sécurité, entreprendre d’importants travaux.
Les 1400 mètres carrés de surface d’exposition
temporaire sont désormais aux normes inter-
nationales.
AU MÉMORIAL DE CAEN
NORMAN ROCKWELL : L’EXPOSITION ÉVÈNEMENT
Côte de Nacre Magazine • 39
Les quatres libertés de Norman Rockwell
Norman Rockwel
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